"L’identité républicaine" par Jacques Fleury

Publié le par PS du Narbonnais


L’identité républicaine

Identité nationale ?

Essayons d’oublier les arrière-pensées du Grand Conducteur !
Et posons nous la question puisqu’elle nous est posée : être français c’est quoi ?
En quoi serions nous différents, en quoi serions nous originaux, au point d’être identifiables ?

Serions nous français parce que nous serions nés sur le territoire français ?
Notre identité serait-elle liée à l’hexagone ?
Mais alors l’Alsacien aurait-il perdu son identité entre 1870 et 1918 quand il était de nationalité allemande, le Savoyard aurait-il gagné une identité nouvelle le jour ou la Savoie a été rattachée à la France ?
Et le Belge, l’Allemand, le Hollandais, l’Italien, auraient ils eu la malchance de perdre notre identité au lendemain de Waterloo ?

Etre français voudrait-il dire que nous sommes les héritiers de toux ceux qui furent les vassaux des rois absolus, à une époque où, avant d’être sujet du Roi de France, on était breton, languedocien, provençal, picard, etc, attaché à la langue et à la culture de sa province plutôt qu’à une unité nationale que seul incarnait le Roi ?
Serions nous les héritiers de cet empire napoléonien qui aurait multiplié le nombre des français à la pointe des baïonnettes laissant derrière ses armées une image désastreuse de la France dans l’ensemble de l’Europe ?


S’il existe une identité nationale, c’est celle que les révolutionnaires ont créée aux cris de « Vive la Nation » !

Elle excluait ceux qui, nés sur le territoire de la monarchie française, combattaient pourtant aux côtés des monarchies étrangères contre ceux qui chantaient la « Marseillaise ».
Mais elle ne réunissait pas que des français de souche car nombre d’étrangers à notre sol ont rejoint alors et rejoindront tout au long du processus républicain – à l’époque des gens comme Buonarrotti ou, plus tard, Garibaldi, - la République Française.

Notre identité nationale – en tout cas c’est ainsi que je la vis – est faite de l’originalité du message républicain que notre pays incarne dans le monde.
Avec plus ou moins de fidélité selon les époques, celle que nous vivons étant de ce point de vue particulièrement désastreuse !
Notre identité, c’est la défense de cette trilogie républicaine – Liberté, Egalité , Fraternité – à laquelle la partie la plus réactionnaire de notre pays, sombrant dans le déshonneur, a opposé sous Pétain « Travail, Famille, Patrie » .

L’identité nationale, c’est ce que détruit chaque jour notre Grand Loucheur, un œil rivé sur l’exemple américain quand il prône non pas le mérite républicain, mais la loi de la jungle libérale et capitaliste, l’autre vers le passé le plus réactionnaire quand il nie les fondamentaux de la République laïque – le curé plus utile que l’instituteur -- quand il détruit les bases de l’Education nationale (voyez comment il a attaqué les maternelles, réduit les moyens de l’école publique au profit des écoles privées), quand il casse tous les contre pouvoirs à son désir de monarque, quand il tente de remettre à l’honneur Travail - « travaillez plus pour gagner plus ! », Patrie – le ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration - n’étant sans doute pas le mieux placé pour vanter de surcroît la Famille !


Notre identité, c’est la défense d’un mode de vie, d’une ambition nationale, très différente de celle qu’incarnent les anglo-saxons du « make money ».
C’est la recherche d’une véritable liberté, la défense des droits de l’homme mais aussi de la laïcité – sans adjectif réducteur – qui seule permet à chacun de vivre ses opinions sans les imposer aux autres ni subir celles des autres.
C’est le refus du communautarisme qui divise au lieu de rassembler, c’est donc la République « une et indivisible ».

Notre identité, c’est le pacte républicain, et social.
C’est le souci de l’égalité aujourd’hui tellement bafoué dans la vie quotidienne mais qui demeure un souci majoritaire chez nos compatriotes comme chez ceux qui aiment la France parce que son message est celui de cette idée généreuse.
C’est la volonté de fraternité ou de solidarité qui fait que dans notre pays, au lendemain de la guerre, le Conseil National de la Résistance a remis en place un pacte social, unissant le pays autour de la Sécurité Sociale, l’Ecole Républicaine pour tous, la laïcité, etc…

Manifestement, Nicolas Sarkozy parle de ce qu’il n’a jamais connu et ne connait toujours pas.
Non l’identité nationale ne se résume pas à l’amour de la terre française : il faudrait alors craindre la montée des eaux !!!
L’identité nationale, c’est un message universel de générosité, un message d’espoir, une lumière qui brille et qui fait que, malgré tout, dans le monde, on aime encore la France

Jacques Fleury

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